Pierre Laurent

                       

Le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, a présenté ses vœux hier. C’est à reconstruire à gauche pour imposer de nouvelles solutions contre le chômage comme pour imaginer une candidature pour 2017 « qui rompe avec les errements du pouvoir actuel  » qu’il devait appeler.

Après une année 2015 marquée par les attentats mais aussi par le tournant sécuritaire engagé par Manuel Valls et François Hollande , dont le virage libéral est, lui, déjà bien consommé , le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, devait hier soir présenter ses vœux, au siège de son parti à Paris. « 2016, sera donc encore et toujours une année de combat. Et nous serons au rendez-vous pour relever la gauche du fossé dans lequel les gouvernants s’acharnent à l’enfoncer, sous le regard réjoui de la droite et de Mme Le  Pen », devait-il assurer appelant à tourner la page d’une année qui « aura été terrible ».

C’est sur plusieurs fronts que le sénateur de Paris a appelé les siens à agir. Alors que le premier ministre recevait dans la journée les syndicats de salariés et le patronat à propos des mesures pour l’emploi que doit détailler François Hollande le 18 janvier, « on sait ce qui se cache derrière : le travail à n’importe quel prix en surexploitant la jeunesse  » devait juger Pierre Laurent assurant que pourtant « tout n’a pas été essayé ». « En 2016, nous allons relancer toutes nos batailles contre le chômage et en faire une priorité », devait-il annoncer avec un slogan à la clé : «  Zéro chômeur- tous travailleurs c’est possible ». Mais aussi des propositions ( augmentation du Smic, du temps de travail…) comme des « assises pour la formation qualifiante des jeunes , des chômeurs » ou la tenue « les 18 et 19 mars les premiers États généraux du numérique avec la participation des grands noms du secteur, pour construire l’ alternative de progrès social à la surexploitation et à l’ubérisation » promue par Emmanuel Macron. Au-delà, c’est à redonner sens aux valeurs de la République que Pierre Laurent devait appeler s’adressant directement au président pour à nouveau refuser l’ inscription de l’état d’ urgence et de la déchéance de nationalité dans la constitution : « Il est temps maintenant de sortir de l’état d’urgence et de présenter un plan complet et sérieux de luttes et de prévention contre le terrorisme. Ce plan, il devra avoir deux piliers , paix et sécurité ». Deux piliers auxquels s’ajoute une dimension essentielle : l’égalité, l’ éducation , la culture , la laïcité, la liberté de tous pour « éviter autant que possible que notre pays, nos quartiers, nos villes, nos villages, fabriquent aussi des kamikazes, des terroristes ».

La question de la présidentielle , hier d’une tribune dans Libération (lire ci-contre) en vue d’une primaire « des gauches et des écologistes », a également été abordée par le dirigeant communiste : « Ce qu’il faut au pays en 2017, c’est un candidat de gauche au service du peuple, un candidat porteur d’un projet de gauche pour la France , sur les valeurs de la gauche, qui rompe avec les errements du pouvoir actuel. Et cette candidature c’est maintenant qu’il faut s’engager à la construire », devait-il estimer s’engageant à multiplier les contacts dans les semaines à venir. Et de lancer citant Aragon : « On me dit primaire. Ce n’est pas ma culture, mais je dis : discutons, échangeons, construisons ensemble car : “quand les blés sont sous la grêle , fou qui fait le délicat , fou qui songe à ces querelles, au cœur du commun combat ” ».

L’année à venir sera aussi celle d’un congrès pour les communistes . Un rendez-vous qui prend place , selon leur chef de file, « dans ce moment intense de recomposition politique, où le libéralisme semble disposer de toutes les manettes , où le danger d’ extrême droite est prégnant » et qui enjoint le PCF à « faire preuve d’ audace, d’ imagination , de créativité, d’inventivité, et de détermination pour se transformer si il veut participer avec d’autres à révolutionner la société . Nous sommes décidés à changer pour
être à la hauteur ».